La Grande Muraille

Publié le par Leblanc M.

La Grande Muraille

Critique: 1/5

 

Sur le papier, La Grande Muraille avait tout pour être raté. Le film a été pensé clairement comme un blockbuster à l'américaine mais conçu pour le cartonner dans une Chine qui est devenue le marché le plus lucratif au niveau mondial en termes de cinéma. Il était donc parti pour être une sorte d'hybride étrange. La présence de Matt Damon, venu cachetonner, et les premières bandes annonces ne rassuraient pas davantage. Pourtant le film attisait quand même ma curiosité. Dans un premier temps car j'adore la fantasy asiatique et dans un second temps car il est réalisé par Zhang Yimou. Pour ceux qui ne connaissent pas le bonhomme, c'est un des réalisateurs qui a popularisé en occident le Wu Xia Pian (le film de sabre asiatique) à la fin des années nonante. Alors certes, il n'est pas aussi populaire que Tsui Hark ou Ang Lee et n'a pas marqué le genre de façon aussi indélébile que Chang Cheh ou Ching SiuTung, mais il est quand même l'auteur de Hero et du Secret des Poignards volant ! Bref, c'est loin d'être un manche et son sens du visuel n'est plus à prouver !

 

Donc verdict ? Eh bien c'est quand même assez mauvais... Ça me fait mal de le dire car j'aime vraiment Zhang Yimou mais il n'y a pas beaucoup de choses à sauver de son film... C'est un peu comme pour Alex Proyas l'année dernière et son Gods of Egypt (en quand même un peu moins nul). Bref, être un grand réalisateur ne nous sauve pas forcément de projets qui sont tellement bancals sur le papier qu'ils sont mort nés. Il n'y a à peu près rien qui fonctionne dans cette Grande Muraille. Au premier plan, il y a un scénario inexistant qui se limite à « des monstres attaquent la Chine suite à une ancienne légende et la Grande Muraille et un mercenaire occidental sont les sauveurs ». Mais ce n'est malheureusement pas tout... Les acteurs n'y croient pas, les effets spéciaux sont atroces (probablement les pires CGI que j'ai vu depuis pas mal d'année), le cheminement du héros est grotesque, les seconds rôles risibles et inutiles (mention spéciale à Willem Dafoe)...

 

Bien sûr, il y a ci et là quelques idées sympathiques qui empêchent le film de sombrer complètement. Comme souvent dans ce type de production, nous avons droit à des idées assez démentes pour visualiser la supériorité stratégique de la Chine. Certains concepts comme les unités aériennes rendent assez bien visuellement et d'autres comme les « ciseaux » sont franchement marrantes. De plus, même s'ils sont atrocement mal modélisés, les designs des monstres sont quand même sympathiques. Il y a aussi quelques belles images qui se perdent ici et là, comme ce final dans cette tour faite de vitraux qui apporte une vraie originalité visuelle.

 

Mais bon, si c'est peut-être suffisant pour que certains passent un samedi soir sans se prendre la tête, ça fait quand même peu de choses à sauver... D'autant que le film accumule à les fois les pires clichés des blockbusters américains (le sidekick du héros, la quête de rédemption ou le concept de « la reine » des monstres comme deus ex machina, ...) et asiatique (le triomphe de la nation sur l'individu, l'absence de caractérisation des protagonistes ou la direction d'acteurs approximative) ; la Grande Muraille est au final le grand film malade qu'il était déjà sur papier. S'il n'est pas exclu que certains passent un bon moment en sa compagnie, il ressemble quand même beaucoup à un nanar au budget disproportionné.

 

En deux mots :

Blockbuster malade qui veut à la fois plaire aux publics chinois et américain, La Grande Muraille est un échec. Même si la présence de Zhang Yimou à la réalisation permet de sauver visuellement quelques chorégraphies guerrières, le film n'en demeure pas moins idiot et techniquement limité. Aussi vite vu qu'oublié, il reste à espérer que cette co-production Américano-Chinoise ne fasse pas trop de petits...

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