La Saga Alien (2ème Partie)

Publié le par Leblanc M.

Alien, le Huitième Passager a marqué de son empreinte deux genres lors de sa sortie, l'horreur et la science-fiction. Mais la saga ne faisait que commencer et personne n'aurait pu prévoir à quel point elle allait marquer l'histoire du septième art. Mais dès la sortie du second épisode, les choses vont commencer à être plus claires. Partons maintenant vers une seconde aventure spatiale mais cette fois-ci, ce sera la guerre !

Aliens: Le Retour

La Saga Alien (2ème Partie)

La suite d'Alien prend place en 2179, soit 55 ans après l'attaque du Nostromo par le Xénomorphe du premier film. Ripley a dérivé dans l'espace pendant des décennies avant d'être retrouvée saine et sauve. Forcée de se justifier devant la compagnie qui l'avait embauchée, elle apprend que la planète LV-426 est colonisée depuis des années. Suite à la perte de contact avec la compagnie, elle est forcée de se rendre en tant qu'experte avec un groupe de marines coloniaux sur la planète. Bien plus qu'une suite, Aliens : Le Retour est surtout un tout autre film basé sur un même univers. À la place du mélange S-F/Horreur, nous avons droit à un mélange S-F/Action par un des maîtres du genre, James Cameron.

 

Malgré le succès du premier film, l'idée d'une suite ne fut pas directement une évidence. Alors qu'aujourd'hui les studios auraient directement lancé une franchise, les dirigeants de la Fox sont majoritairement opposés à l'idée tant ils considèrent (et à juste titre) que le film se suffit à lui-même. Il faudra attendre plusieurs années et un changement de direction à la tête du studio pour que le projet finisse par être accepté. Le producteur David Giller, qui avait déjà travaillé sur le premier film, tient la barre de ce nouveau film avec comme note d'intention de proposer quelque chose de totalement novateur.

 

Si la recherche du metteur en scène du premier film fut compliquée, elle s'est faite bien plus naturellement pour la suite. À l'époque, le studio est enthousiasmé par un le scénario d'un film de science-fiction qu'un jeune réalisateur du nom de James Cameron doit réaliser avec en vedette Arnold Schwarzenegger. Le studio propose alors à Cameron d'écrire un script pour une suite à Alien en lui promettant de le mettre en scène en cas de succès de Terminator. Extrêmement fan du premier mais bien plus à l’aise dans l'univers du cinéma d'action que dans l'horreur, Cameron propose un scénario très différent qui fera rapidement l'unanimité. Terminator rencontrant un énorme succès public et critique, Cameron se retrouve propulsé à la tête d'une des plus grosses productions du moment.

James Cameron donne s'est instruction à Sigourney Weaver sur le tournage d'Aliens

James Cameron donne s'est instruction à Sigourney Weaver sur le tournage d'Aliens

Au niveau du casting, on retrouve bien entendu Sigourney Weaver. Mais la présence de la star ne fut pas forcément une évidence. Le studio ne l'avait pas informée de la mise en place d'une sequel et lui fournit le scénario à la dernière minute. De plus, il demande à Cameron d'écrire une seconde version du script au cas où les exigences financières de l'actrice seraient trop grandes. Au final, malgré un salaire d'un million de dollars, le studio conserve son Ellen Ripley. À ses côtés, toute une série de « gueules » de cinéma sont engagées pour jouer les marines. En tête de liste, on retrouve Michael Biehn, qui jouait le héros dans Terminator, dans le rôle du Caporal Hicks. Les autres membres de l'équipe sont campés entre autres par Bill Paxton (l'acteur fétiche de Cameron), la costaude Jenette Goldstein et Lance Henriksen (la future vedette de la série Millenium). Un trio d'acteurs que la femme de Cameron, Katrhyn Bigelow, réengagera l'année suivante pour jouer le géniale Near Dark (Aux Frontières de l'Aube, en V.F.).

 

Le trio de marines Lance Henriksen, Jenette Goldstein et Bill Paxton sur le tournage de Near Dark

Le trio de marines Lance Henriksen, Jenette Goldstein et Bill Paxton sur le tournage de Near Dark

Bénéficiant d'un budget largement supérieur à celui de l'original (19 millions contre les 11 millions de l'original) et à la tête d'une équipe principalement composée d'amis, Cameron est vraiment comme un poisson dans l'eau. Il peut sans trop de problème imposer ses choix auprès du studio et faire le film qu'il désire. Les principales divergences artistiques se retrouveront en salle de montage. Si le film convient bien à la Fox, il le trouve trop long. C'est vrai qu’à l'époque, un blockbuster de 2h30 n'était pas forcément quelque chose de courant. Le film sort donc dans une version réduite de 20 minutes et il faudra attendre l'avènement du DVD pour découvrir la version Director's Cut. Même réduit, le film conserve la vision de son metteur en scène. Cameron veut à la fois réaliser une suite au film de Ridley Scott et un énorme film d'action.

 

Le film joue sur les deux tableaux, il poursuit à la fois l'original en en développant la mythologie mais en changeant également totalement le ton. Le film nous en apprend par exemple beaucoup plus sur la créature et son processus ; dans le premier film, une idée selon laquelle les œufs conçus à base des humains transformés par le Xénomorphe avait été proposée … Mais finalement, elle n'avait pas survécu au montage. Cameron va par contre donner une explication à l'origine des œufs et développer le concept « insecte » de l'espèce. En proposant tout une colonie de créature, il va nous présenter celle qui est à l'origine de toutes les autres, la reine ! Une créature énorme et monstrueuse qui, à l'instar d’une reine dans une ruche, pond toute la journée en étant protégée par ses soldats. Par contre, l'idée des humains « transformé en œuf » est plus ou moins reprise en présentant les collons capturés dans des sortes de cocons par les créatures en attendant d'être fécondés. Les rôles de la Compagnie, des androïdes et de la planète LV-426 sont également développés au cours du récit. Par contre, au niveau du traitement, les deux films sont difficilement comparables.

 

L'horreur et le côté survival sont laissés de côté au profit d'un pur blockbuster comprenant plus d'humour et d'action. La présence des marines n'y est évidemment pas étrangère, les bidasses de l'espace sont des personnages hauts en couleurs dont chaque réplique est une vraie punchline ! Dotés d'armes aussi énormes que cools, ils peuvent lutter à armes quasi égales avec leurs ennemis. Rempli de morceaux de bravoure comme la fuite en tanker, la première attaque des Xénomorphes ou le combat final contre la reine, Aliens: le Retour est un vrai film de guerre spatial proposant des scènes d'actions inédites pour l'époque. Le personnage de Ripley devient d'ailleurs également bien plus badass au milieu de ce déluge de testostérone. Un peu dans l'ombre dans le premier film, c'est probablement grâce à ce deuxième épisode que le personnage devient une icône du cinéma. Mais parallèlement, le film décide de s'orienter vers une thématique très féminine en parlant en sous texte de la maternité.

 

La reine Alien, la grosse nouveauté du film dans la hiérarchie de l'espèce

La reine Alien, la grosse nouveauté du film dans la hiérarchie de l'espèce

Dans une scène, étrangement absente de la version cinéma (mais présente dans la version longue), on apprend que Ripley était maman et que suite à sa dérive de plus de 50 ans dans l'espace, elle est passée à côté de toute la vie de sa fille à présent décédée. Ce court passage permet de renforcer et de crédibiliser le lien qui va se créer entre l'héroïne et Newt, une petite fille, dernière survivante des colons présents sur LV-426. Un lien de mère/fille va se créer entre les deux personnages qui, mis en parallèle avec celui de la reine Alien, va mettre en avant ce thème qui deviendra central dans cet épisode et dans le cinéma de James Cameron. C'est de ce juste équilibre entre action bourrine et sensibilité que le film tire toute sa force.

 

Dès la sortie du film, les spectateurs et le studio comprennent qu'ils ont créé quelque chose de vraiment atypique. En proposant à un nouveau réalisateur de poser librement son regard sur l'œuvre d'un autre, ils ont créé une suite à la fois totalement différente mais aussi bonne que l'originale. Le succès sera bien entendu au rendez-vous et la Fox comprendra qu'ils ne doivent pas traiter cette franchise comme les autres et qu'ils ont moyen de rééditer l'exploit d'Aliens : le Retour avec une nouvelle suite.

Publié dans Articles

Commenter cet article