La Saga des Blockbusters: Un Article Bababoum!!! (3ème Partie)

Publié le par Leblanc M.

Après avoir abordé les succès, il est temps de parler des échecs... Si les films qui ont explosé le box-office ont forcément eu une influence sur l'industrie, il en va de même pour ceux qui ont fait perdre énormément d'argent aux studios ! Aujourd'hui, nous allons donc parler de 10 grands fours financiers et des conséquences qu'ils ont eu sur les productions hollywoodiennes.

Les 10 échecs qui ont marqué l'histoire

La Saga des Blockbusters: Un Article Bababoum!!! (3ème Partie)

The Thing : Le succès d'Alien a mis en avant le mélange d'horreur et science-fiction. Logiquement, Universal prit la décision de produire son blockbuster du genre: The Thing ! Produit pour 15 millions de dollars (soit l'équivalent de L'Empire Contre Attaque), le film reprend le duo qui vient de cartonner avec Escape From New-York, à savoir John Carpenter à la réalisation et Kurt Russell devant la caméra. La date de sortie est fixée pour le 25 juin, soit 2 semaines après l'autre Blockbuster estival d'Universal un certain... E.T. ... Et c'est bien là qu'est le drame ! À la base, E.T. devait être le blockbuster secondaire et The Thing le gros morceau, l'histoire en décidera autrement. Le gentil extraterrestre cartonne alors que le méchant monstre se mange un bide mémorable ! Résultat, les blockbusters mélangeant S.F. et horreur prennent fin avec The Thing.

 

Dune : C'est assez surprenant de se dire que malgré le succès phénoménal de Star Wars, le space opéra soit toujours resté un genre anecdotique. Pourtant, suite au succès de la saga de Georges Lucas, les autres studios vont vouloir produire leur « Guerre des Étoiles ». Disney réalise Le Trou Noir en 1979 qui sera un semi-échec et le producteur Dino De Laurentiis lance l'adaptation de Flash Gordon pour un résultat aussi médiocre. Mais le film qui va définitivement couler le genre sera l'adaptation de Dune par David Lynch ! Totalement démesuré, le film produit par Universal est un bide retentissant aussi bien critique que public ! Produit pour 45 millions, le film n'en rapportera que 30, soit moins que le 4ème volet de la franchise Vendredi 13 sorti la même année... Le film sonnera le glas du genre qui n'existera pendant des années que via Star Wars et Star Trek.

Sting (en version roux...) une des attractions du casting assez surprenant de Dune

Sting (en version roux...) une des attractions du casting assez surprenant de Dune

Legend/Labyrinth : Le duo perdant, commercialement parlant, de l'année 1986 ! À cette époque, l'heroïc fantasy fonctionne très bien, les succès de Conan et dans une moindre mesure de films comme Krull ou Excalibur permettent au genre d'être sous les feux de la rampe. Par contre l'année 86 va changer la donne. Alors que Dark Crystal avait bien marché, la seconde incursion de Jim Henson dans le genre avec Labyrinth sort dans l'anonymat général. Mais le cas de Legend est encore pire ! Produit par Universal (décidément...) avec un large budget, le film se mange un bide retentissant et pousse le genre vers sa mort. Willow sera son dernier soubresaut mais l'énorme production de Georges Lucas ne sera qu'un demi succès (ou plutôt un demi échec) et le genre s'envolera des écrans pendant une vingtaine d'année...

 

Last Action Hero : L'échec de Last Action Hero est assez anachronique car honnêtement, je ne le comprends toujours pas trop... À l'époque de sa sortie, Schwarzenegger était la plus grande star mondiale (et la valeur des stars était nettement plus puissante d'un point vue commercial qu'aujourd'hui) et John McTiernan était le plus grand réalisateur de film d'action. Last Action Hero était censé être le blockbuster de l'été avec Jurassic Park, le budget était énorme, le scénario ultra intelligent, il y avait de l'action, de l'humour,... Bref, l'échec semblait impossible... Et pourtant ! La presse US détruit le film (je n'ai jamais compris pourquoi...) et le public le snobe. Résultat, sur l'été 1993, le film est battu par 12 autres films au Box-Office ! Et pas uniquement par des cadors mais par des films aussi marquants que Denis la Malice ou Dave Président d'un Jour... À quoi aurait ressemblé le cinéma pop-corn en cas de succès de Last Action Hero ? Eh bien peut-être à ce qu'il est aujourd'hui, un cinéma plus décomplexé dans l'action, qui n'hésite pas à jouer sur les références et à rire de lui même. Finalement, le film était peut-être juste en avance sur son temps.

Etre la plus grande star du cinéma ne protége pas du bide au box office, Schwarzy le découvrira avec Last Action Hero

Etre la plus grande star du cinéma ne protége pas du bide au box office, Schwarzy le découvrira avec Last Action Hero

Mars Attacks/Starship Troopers : Durant l'été 1996 sort Independence Day, un spectacle ultra patriotique et premier degré. Quelques mois plus tar, deux autres films d'invasion extraterrestre sortent en salle : Mars Attacks et Starship Troopers. Deux oeuvres ironiques maniant le second degré pour dénoncer les dérives de la société. Résultat ? Independence Day cartonne tandis que Mars Attacks et Starship Troopers se prennent de méchants bides ! Suite à ça, les blockbusters vont éviter de devenir trop politiques et de s'engager. Pour les studios, il vaut mieux laisser son cerveau au vestiaire...

 

Le 13ème Guerrier : Bien avant Gladiator, le 13ème Guerrier a tenté de remettre au goût du jour les films épiques. Plombé par des problèmes de production et la bataille d'ego entre John McTiernan (le réalisateur) et Michael Crichton (l'auteur du roman), le film va se prendre un bide phénoménal ! Malgré un budget énorme, le film est un gouffre financier... Si au final son échec ne sera pas si impactant au niveau de l'industrie (l'héroïc fantasy était déjà morte), elle marquera surtout la fin de la main libre des réalisateurs. Alors qu'avant il était évident qu'un réalisateur du statut de McTiernan avait la main libre sur ses films, ce fut terminé après Le 13ème Guerrier. La liste des réalisateurs bénéficiant du final cut (choix du montage final) a commencé à fondre comme neige au soleil. Aujourd'hui, le final cut n'existe pour ainsi dire plus au sein des blockbusters.

 

Final Fantasy : Les Créatures de l'Esprit : Final Fantasy est peut-être un des échecs les plus marquant de l'histoire du cinéma ! Les ambitions du film n'étaient pas de devenir un succès mais de tout simplement révolutionner l'industrie ! On parlait de la fin des acteurs, des premières stars virtuelles, de la fin des limites techniques,... Il ne faut pas oublier qu'on était en 2001, soit 8 ans avant Avatar ! Au final, le film sort en salle et tout le monde s'en fout... Personne ne va le voir. Il est difficile de se dire quel aurait été l'impact d'un succès du film sur l'industrie mais il est probable qu'il aurait en effet complètement modifié l'industrie. Malheureusement, nous n'auront jamais la réponse...

 

Kingdom of Heaven: En 2000, Gladiator remet au goût du jour la grande fable épique et historique ! En 2005, Kingdom of Heaven l'enterre... Entre temps, quelques films et surtout quelques bides (dont le plus célèbre est Alexander) mais rien d'aussi marquant que la déroute Kingdom of Heaven. Symbole de la perte du final cut par les réalisateurs, les producteurs ne permirent pas à Ridley Scott (qui avait pourtant relancé le genre avec Gladiator) de gérer le montage du film. Le film sortira charcuté en salle (même si le film est correcte, le director's cut est bien meilleur) et la carrière d'Orlando Bloom, amené à être un star suite au succès du Seigneur des Anneaux et de Pirates des Caraïbes ne décollera jamais...

Il est probable que sans Kingdom of Heaven Olando Bloom soit devenu une grande star, malheureusement l'échec du film a plombé sa carrière

Il est probable que sans Kingdom of Heaven Olando Bloom soit devenu une grande star, malheureusement l'échec du film a plombé sa carrière

John Carter : Les deux derniers films de la liste pourraient être mis en parallèle car ils représentent un peu l'incertitude de la situation actuelle des blockbusters. Il est de plus en plus difficile de prévoir ce qui va marcher ou pas. Le cas de John Carter représente un échec qu'on pourrait qualifier de prévisible car il s'agit d'une oeuvre n'étant pas accrochée à un concept qui fonctionne, qui ne comporte pas de star et qui peut donc dérouter le public. D'ailleurs, de manière assez injuste, le film s'est mangé un bide retentissant. Mais s'il est mis en parallèle avec le film suivant l'échec devient directement plus étrange...

 

Lone Ranger : Lone Ranger, c'est quoi ? C'est Pirates des Caraïbes au far west ! La même star, le même studio, le même réalisateur, le même type d'humour,... Bref, aucune raison que le film se plante ! Et pourtant boum ! Un bide ! Ainsi donc un film basé sur une formule ultra calibrée se mange un échec aussi cuisant qu'une œuvre originale ? Mais qu'est-ce qui fonctionne alors ? Eh bien les deux ou aucun des deux, en fonction des cas... Des films détestés de toute part mais appartenant à une formule toute faite comme Suicide Squad cartonne mais à côté de ça des films plus risqués comme Seul Sur Mars en font autant. D'un autre côté, Independence Day 2 calibré pour surfer sur la vague du premier prend un bide tout comme un projet original comme Tomorrowland... Bref, il n'y a plus vraiment de logique aujourd'hui, les blockbusters sont de plus en plus risqués et la stabilité des studios est de plus en plus fragile. Peut-être est-on arrivé, comme l'ont prédit Georges Lucas et Steven Spielberg, à un moment charnière qui verra les blockbusters changer définitivement ? L'avenir nous le dira... En attendant, cet été sera encore bien chargé ! La dernière partie de l'article sera d'ailleurs consacré à une preview de ce qui nous attends en terme de gros morceau pour les mois de Mai, Juin, Juillet, Août et Septembre !

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