Bottom of the World

Publié le par Leblanc M.

Bottom of the World

Critique: 4/5

 

Eh bien, cela faisait longtemps que je n'avais pas vu un film en VOD que je trouvais vraiment bon ! J'ai découvert Bottom of the World un peu par hasard en surfant sur le catalogue Netflix pour voir les nouveautés qui y étaient proposées. Le pitch de départ du film m'a accroché et je me suis dit « why not ? ». Le résumé présenté était le suivant: Un jeune couple s'arrête dans un motel dans un bled paumé et, petit à petit, il semble perdre contact avec la réalité. C'est ultra basique, déjà vu mille fois mais c'est également assez accrocheur pour pouvoir nous conduire vers quelque chose d'inattendu. Vu mes dernières expériences en matière de VOD (remember mes critiques de 31 et Clinical...), je m'attendais clairement à une série B mal torchée et, au choix, lorgnant vers le slasher pourri ou vers le thriller psychologique. En réalité, le film n'est ni l'un ni l'autre... C'est une œuvre assez étrange et fascinante qui m'a très rapidement attrapé et emporté tout du long.

 

L'unique critique (si on peut dire, étant donné qu'elle fait 4 lignes...) que j'ai lue parle d'un teen movie sur les sentiments que peuvent éprouver les adolescents à ne pas se sentir en contact avec la réalité qui les entoure... Outre le fait que le film n'a rien d'un teen movie (les protagonistes sont des adultes entre 30 et 40 ans...) et qu'il ne parle absolument pas de l'errance de l'adolescence, cette critique me donne surtout l'impression que son auteur n'a rien compris au film. Je peux facilement comprendre que l'on soit perdu devant Bottom of the World car il s'agit quand même d'un film qui va délibérément tenter de nous perdre à renfort de métaphore et de symbolisme alors qu'au final, son intrigue est assez logique et simple. La fin rendant assez clair un récit que le spectateur attentif aura probablement déjà réussi à déchiffrer.

 

Bien sûr, on pense beaucoup à David Lynch, principalement à Lost Highway, et il est évident qu'il y a une réelle inspiration de la part de Richard Sears. Mais il faut souligner que c'est un des premiers films reprenant le style du réalisateur de Blue Velvet que je trouve vraiment bon. Rien n'est ouvertement gratuit et placé uniquement pour faire un effet de style (autre remember : A Cure For Life...). Tous les éléments lorgnant avec le fantastique se retrouvent justifiés par l'intrigue et l'ensemble fonctionne plutôt comme une lente descente aux enfers portée par la culpabilité. Car c'est bien là que se trouve le vrai sujet du film, la culpabilité. Ce sujet nous est évoqué dès le début du film, au travers d'un jeu « action ou vérité » qui conduira le personnage joué par Jena Malone à nous sortir un monologue bien dérangeant. Dès cette scène, dont le dialogue semble étrange et un peu sorti de nulle part, les clés pour aborder la suite du récit nous sont données.

 

Outre la structure extrêmement élaborée du récit, certaines idées fascinantes (l'idée du héros qui est bloqué dans le rêve d'un autre) et certains dialogues vraiment pertinents (dont un à base de petit poids...) nous offre un film est assez stylisé. C'est parfois un peu grossier comme lors de l'utilisation des filtres rouges un peu moches, mais dans l'ensemble le tout a un côté très vaporeux et envoûtant. Les acteurs font également le taf, principalement Jena Malone dont le jeu qu'on pourrait parfois qualifier d'absent fonctionne à merveille. À ses côtés, c'est également un plaisir de retrouver cette vieille bobine de Ted Levine (le Buffalo Bill du Silence des Agneaux) dans un rôle assez surprenant. Je suis assez heureux d'avoir découvert ce film qui m'a clairement réconcilié (pour un temps en tout cas) avec la VOD. Oui, en fouillant un peu, on peut tomber sur de vraies bonnes surprises et ce Bottom of the World en est une à mes yeux.

 

En deux Mots :

 

Bottom of the World est clairement le meilleur film que j'ai vu en VOD depuis très longtemps. Assez fascinant par sa structure très proche du cinéma de David Lynch, le film n'est jamais gratuit et justifie sa structure à la limite du fantastique par son scénario et son histoire tournant autour de la culpabilité. Même si tout n'est pas parfait et qu'on sent un peu trop les inspirations, il s'agit d'une vraie bonne surprise.

Publié dans Critiques

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