Trainspotting 2

Publié le par Leblanc M.

Trainspotting 2

Critique: 3/5

 

Quand j'ai entendu parler de Danny Boyle, qui allait réaliser une suite à Trainspotting je me suis dit : « il n'y a qu’une option, soit le film sera un chef-d'œuvre, soit un merde sans intérêt ». Au final, je m'attendais à un film forcément polémique mais qui ne me laisserait pas indifférent. Eh bien, je me suis trompé... Ni bon, ni mauvais, Trainspotting 2 est une œuvre juste anecdotique... Que nous raconte cette suite ? Mark Renton est en pleine « midlife crisis », en perte de repère, il décide de revenir à Edimbourg où traînent toujours ses anciennes connaissances Spud, Sick Boy et Begbie. Voilà pour l'intrigue de base, en gros on a quasiment l'impression qu’elle démarre directement après le premier épisode alors qu'il s'est passé 20 ans entre les deux films. D'entrée de jeu, nous sommes confrontés à un des plus gros soucis du métrage, en 20 ans de temps les personnages n'ont connus aucune évolution narrative et aucun accomplissement personnel. Je veux bien que le public ait envie de retrouver le quatuor qu'il a apprécié il y a 20 ans, mais de là à les reprendre à l'identique, il y a un problème. Comment peut-on accepter qu'en autant d'année (la moitié de leurs vies quand même) les personnages n'ait connu aucun cheminement personnel, aucune prise de maturité,... Si on peut à la limite y trouver une logique pour Begbie qui a passé tout son temps en prison et Spud qui est resté bloqué dans la toxicomanie, c'est nettement plus incohérent pour Sick Boy et Renton.

 

Ce problème de construction narrative concernant ces deux personnages se ressent d'ailleurs durant tout le film. Si Begbie et Spud ont droit à un certain cheminement et une progression en court d'intrigue, les protagonistes joués par Ewan McGregor et Johnny Lee Miller sont désespérément plat. En plus d'être antipathiques (Renton reste quand même un énorme connard), ils semblent plus spectateurs que véritablement acteurs de l'intrigue. C'est dommage car en soi, le scénario avait quand même du potentiel. Dans l'ensemble, l'intrigue est bien écrite et la construction en forme de quête de nostalgie, de vengeance, d'amour et de rédemption de nos héros fonctionne assez bien. Mais là où le premier film s'interrogeait vraiment sur l'état de la société et la vision désenchantée du monde au travers de ceux qui étaient censés en représenter l'avenir, la suite ne pose pas la réflexion très loin. Les choses ne changent pas, nous restons des moutons incapables d'évoluer tant nous sommes formatés à prendre la place que la société nous a décernée... Oui OK... C'est un peu léger quand même.

 

Maintenant, en dehors de ça, l'aspect nostalgie fonctionne à merveille et offre au final une mise en abîme personnelle qui n'est pas inintéressante. Nous sommes un peu comme Renton en quête de nos souvenirs passés, nous aussi nous avions une vingtaine d'année quand Trainspotting est sorti et comme lui, nous recherchons à nous replonger dans des souvenirs que nous avons édulcorés. C'est probablement là que le film tire sa plus grande force, car en jouant plus sur le côté madeleine de Proust que sur le fan service, la mise en scène de Danny Boyle est très efficace. On retrouve le style frénétique et très vivant du réalisateur de Sunshine, et pendant 2 heures nous avons en effet l'impression de retrouver nos 20 ans.

 

Il faut dire que Boyle est bien aidé par ses quatre complices qui évoluent devant la caméra. Si Ewan McGregor et Johnny Lee Miller sont un peu plus transparents (principalement car leurs personnages sont peu intéressants), Ewen Bremner et Robert Carlyle s'en donnent à cœur joie ! Le premier est assez touchant dans le rôle du seul personnage véritablement humain de la bande, tandis que le second s'éclate en cabotinant à mort ! À la fois effrayant, très drôle et même carrément émouvant lors d'une scène, Begbie est probablement celui des 4 qui m'a le plus convaincu. C'est surement du au côté très perspicace du personnage qui au final est certainement le plus lucide de la bande par rapport à ce qu'il est réellement... J'aurais cependant peut-être souhaité un peu plus d'introspection et pouvoir me poser des questions sur ma propre progression à la fin de la séance. Au final, je suis sorti de la salle en me disant simplement que j'avais grandi...

 

En deux Mots :

 

Sans être un chef-d’œuvre ni un mauvais film, Trainspotting 2 est juste un film anodin. C'est peut-être ce qui pouvait arriver de pire à la suite de cette œuvre culte qu'on aurait aimé voir créer une polémique. Si le côté nostalgique fonctionne à merveille, le manque de progression narrative des personnages et de critiques sociales empêchent le film de vraiment se démarquer.

Publié dans Critiques

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