American Honey

Publié le par Leblanc M.

American Honey

Critique: 2/5

 

Pourquoi avais-je autant envie de voir American Honey ? Et bien sur papier le projet me séduisait littéralement. J'aime énormément le travail de réalisatrice d'Andrea Arnold, principalement Fish Tank que j'ai vécu comme une grosse claque. Je suis fan des road trip américain, encore plus quand ils servent de toile de fond pour interroger l'état de la société. Le casting était impeccable, porté par la superbe Shasa Star et Shia LaBoeuf... Bref j'étais ultra enthousiaste ! La déception n'en fut que plus grande... Si je n'ai en effet rien à redire sur les acteurs qui sont tous excellent, sur les autres niveaux, le film m'a quand même pas mal perdu.

 

Je comprend très bien qu'Andrea Arnold veut nous conduire au sein d'une autre Amérique où même les marginaux ne sont mués que par l'argent, mais ça ne fonctionne pas... Que se via une symbolique ultra insisté sur les insectes ou des scènes qui se répète en permanence le propos a du mal à passer. Et c'est bien normal, car prendre quasiment trois heures pour nous raconter, en plus mal, ce que Larry Clark fait à merveille depuis 20 ans j'ai du mal à voir l'intérêt. La volonté de la réalisatrice est de filmer le réel et dans un certains sens c'est ce qu'elle fait ce film. American Honey est comme la vie, très long pour se révélé au final un peu inutile. Car honnêtement, que veut vraiment faire le film ? Nous montrer une autre Amérique ? Nous parler sa jeunesse ? Oui Ok, le film le fait mais il n'aboutit à rien... J'ai plus ressenti le délire d'une jeunesse transporté par la musique qu'un film qui veut réellement se faire écho d'une génération. A ce titre la bande son a quelque chose de génial et porte littéralement l'oeuvre. Cependant, je pense que pour ceux qui déteste le hip hop elle risque de vite se transformer en cauchemar. A titre personnel j'ai décroché lors de la 10ème scènes de rap... Ok, certains morceaux sont très sympa comme le God's Whisper de Raury mais la mise en image est toujours la même... Des jeunes qui chantent et qui dansent...

 

Même le côté Road Trip se révèle finalement sans grand intérêt. Le film n'exploite quasiment jamais son environnement et ne propose quasiment aucun plans le mettant en valeur. D'ailleurs j'ai énormément de mal avec le choix de filmer en format 4/3. Je comprend très bien la démarche (montrer l'enfermement des personnages dans le cadre de leurs vies) mais sincèrement pour un film qui doit jouer avec l'espace, ça ne fonctionne pas. C'est un peu la symptomatique du film, la note d'intention est très clair mais elle est soit veine, soit mal choisie. Je pense sincèrement qu'American Honey est le premier vrai échec artistique de son auteur.

 

Ca me fait de la peine car c'est pour moi ma première vrai déception de l'année... Il ne s'agit pas d'un mauvais film mais d'un film raté... C'est très différent et au final bien plus frustrant. Car à côté de l'incompréhension que j'ai ressenti tout où long du film, j'ai été séduit par une mise en scène travaillé et une direction d'acteur impeccable. A ce titre le duo de tête d'affiche est franchement bluffant. Shasa Star à la beauté et le charisme pour devenir une future grande vedette quand à Shia LaBoeuf il a aujourd'hui une vrai gueule de cinéma ! L'époque des Transformers et Indiana Jones 4 semblent bien loin et en choisissant qui s'éloigner du système il est entrain de prouver depuis quelques années qu'il a un énorme potentiel ! Un potentiel qu'avait aussi American Honey mais qui n'a malheureusement pas été transformer...

 

En Deux Mots :

 

Long, très long... American Honey prend énormément de temps pour au final ne pas nous raconter grand chose. Entre d'interminables scènes mettant en image des jeunes chantant et dansant sur des tubes hip hop, nous avons droit à un vague road trip qui nous ressort un peu tout ce que le cinéma indépendant US fait depuis maintenant 15 ans. Reste un splendide duo d'acteurs qui arrivent à capter notre attention pendant 3 heures.

 

Publié dans Critiques

Commenter cet article