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Publié le par Leblanc M.

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Critique: 1/5

 

Dans le domaine du cinéma d'horreur moderne, Rob Zombie semble bénéficier d'une sorte d'immunité. Peu importe la qualité réelle des films proposés, les amateurs du genre ont toujours tendance à vouloir le protéger. C'était le cas il y a quelques années avec le mauvais Lord of Salem et ça l'est aujourd'hui à nouveau avec le carrément médiocre « 31 ». Si d'un côté je peux comprendre la démarche, - le réalisateur ayant frappé fort dès ses premiers films en arrivant à filmer le grotesque comme personne et en signant des œuvres sans concessions -, elle affaiblit son travail au final. J'ai un peu l'impression que Zombie ne remet absolument pas son talent en question et à tendance à ressortir à chaque fois la même soupe mais en un peu moins réussi que la fois précédente. J'ai un peu, comme tous les amateurs du genre, adoré le diptyque La Maison des 1000 Corps et The Devil's Reject. Je trouvais également son remake d'Halloween, et encore plus sa suite, intéressant. Mais je sais rester objectif et avoir du recul par rapport au travail d'un réalisateur et franchement je ne saurais pas défendre « 31 » !

 

Qu'allez-vous retrouver dans cette œuvre nous racontant les déboires d'un groupe de forains pris au piège d'un jeu dans lequel ils doivent survivre 12 heures poursuivi par des tueurs psychopathes ? Et bien tout ce qu'on retrouve habituellement dans le cinéma du chanteur de heavy metal, c'est-à-dire : des clowns, des rednecks, Sheri Moon Zombie (sa femme) qui joue comme une merde et le retour d'anciennes gloires du genre. On retrouve par exemple ici Malcolm McDowell et une Meg Foster qui a méchamment morflé avec les années. En dehors de ça, absolument rien de neuf sous les tropiques... Zombie semble juste complètement bloqué dans son obsession de mettre en scène le grotesque.

 

Mais un des gros problèmes est justement qu'ici, il le fait très mal ! Alors qu'il faisait preuve d'un vrai sens de la mise en scène dans ses premiers films, certains de ses choix sont ici incompréhensibles. Si le film fait illusion dans son premier 1/4 d'heure, une fois que le jeu démarre, il commence à devenir une torture pour les yeux. Il utilise beaucoup trop ses effets de style préférés, comme les arrêts sur image, et le travail sur les lumières artificielles est assez atroce. Tout le film baigne dans une teinte bleutée vaporeuse assez dégueulasse, tout droit sortie des pires productions des années 80. Le pire choix de mise en scène revient cependant au cadrage. Perpétuellement en mouvement et ne se souciant jamais de la cohérence visuelle, il rend le film régulièrement illisible ! Le but était certainement de le rendre dynamique, mais en l'état il provoque juste la migraine.

 

J'aurais beaucoup aimé défendre « 31 », car ce n'est jamais agréable de cracher sur un réalisateur qu'on apprécie, mais c'est juste objectivement impossible. Que ce soit au niveau de son scénario, qui se révèle être une sorte de croisement entre le Slashers de Maurice Devereaux et la série des Purges, où de l'écriture des personnages, il n'y a rien à sauver. Concernant ces derniers, ils sont tellement peu présenté et leurs dialogues sonnent tellement faux qu'il est impossible de ressentir la moindre implication les concernant... Il ne vous restera donc qu'à tuer le temps en imaginant quel sera le look du prochain tueur lancé à la trousse des héros, car c'est vraiment le seul point un tant soit peu amusant du moins bon film de son auteur.

 

En deux mots :

Frisant la caricature de lui-même, Rob Zombie reste bloqué dans son obsession de filmer le grotesque. Avec trop peu d'idées, porté par un scénario inepte et des acteurs en roues libres, il signe ce qui est à l'heure actuel son plus mauvais film. Souvent très mal filmé, il ressemble plus à une mauvaise copie de ses premières œuvres qu'à une nouvelle pièce de sa filmographie.

 

 

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